Ce que la commission PAJ a supprimé
Les catégories de référendum
Version initiale
« Le référendum ne peut être organisé que sur les matières suivantes : a) la révision de la Constitution ; b) le transfert de la capitale du pays ; c) la cession, l'échange ou l'adjonction d'une partie du territoire. Toutefois, il peut porter sur toute autre matière d'importance fondamentale pour la vie de la nation. »
Version PAJ

Disposition supprimée.

Ce qui change

La version initiale distinguait plusieurs catégories de référendum, chacune renvoyant à des situations identifiées par la Constitution. La commission PAJ supprime cette classification.

Les procédures spécifiques associées
Version initiale

Le texte consacrait plusieurs chapitres distincts aux différents types de référendum et aux procédures qui leur étaient applicables.

Version PAJ

Les articles correspondants ont été supprimés.

Ce qui change

Le texte est fortement allégé et recentré autour d'un cadre général du référendum.

L'assemblée constituante spécialement élue
Version initiale

Le projet de changement constitutionnel devait être soumis à une assemblée constituante spécialement élue à cette fin.

Version PAJ

Disposition supprimée.

Ce qui change

Le recours à une constituante élue disparaît du dispositif.

Ce que la commission PAJ a maintenu
Le recours au référendum Les deux versions maintiennent le référendum comme mode d'expression directe de la souveraineté populaire.
L'initiative référendaire Les deux textes reconnaissent l'initiative du référendum au président de la République, au gouvernement, au parlement ainsi qu'à une fraction du peuple congolais.
Le recours à des experts
Version initiale

En cas de « dysfonctionnement majeur » des institutions, le président de la République pouvait recueillir l'avis d'experts sur les règles constitutionnelles devenues inadaptées.

Version PAJ

Le mécanisme est conservé.

Ce qui change

Le principe demeure identique : les experts interviennent en amont de toute réflexion sur une éventuelle adaptation des règles constitutionnelles.

L'approbation finale par référendum Dans les deux versions, toute modification des règles constitutionnelles demeure soumise à l'approbation populaire par référendum.
+ Ce que la commission PAJ a ajouté ou renforcé
Une définition extensive des « matières d'importance fondamentale »
Version initiale

La notion existait déjà mais n'était pas définie de manière détaillée.

Version PAJ
« L'expression "matière d'importance fondamentale pour la vie de la nation" désigne toute question touchant aux intérêts supérieurs de l'État, à l'organisation et au fonctionnement des pouvoirs publics, à la souveraineté nationale, à l'intégrité territoriale, aux droits fondamentaux ou à l'avenir politique, économique, social et institutionnel de la République et du peuple congolais. »
Ce qui change

La commission PAJ conserve la notion mais lui donne un contenu beaucoup plus large et explicite.

Le renvoi à la loi électorale
Version initiale

Le texte détaillait lui-même plusieurs aspects liés à l'organisation du référendum.

Version PAJ

De nombreuses dispositions sont renvoyées à la loi électorale.

Ce qui change

Le texte devient plus court mais suppose désormais de naviguer entre plusieurs textes pour comprendre l'ensemble du dispositif.

Le rôle constituant du parlement actuel
Version initiale

Le rôle constituant était confié à une assemblée élue spécialement à cette fin.

Version PAJ

Ce rôle est désormais confié aux institutions existantes.

Ce qui change

L'Assemblée nationale et le Sénat deviennent les principaux acteurs du processus.

! Le changement le plus significatif : qui devient constituant ?
Version initiale

Le projet devait être soumis à une assemblée spécialement élue à cette fin. L'Assemblée nationale et le Sénat étaient alors ajournés de plein droit pendant la durée de cette mission.

Version PAJ
« Le président de la République soumet à l'adoption de l'Assemblée nationale et du Sénat qui se transforment en assemblée constituante, un projet de loi de changement des règles constitutionnelles. »
« L'assemblée constituante limite sa compétence à l'examen et à l'adoption du projet de loi de changement des règles constitutionnelles. »
Ce qui change

La différence est majeure. La version initiale reposait sur une logique constituante distincte des institutions existantes.

La version réécrite par la commission PAJ internalise au contraire le processus au sein des institutions actuellement en place. Le référendum populaire demeure l'étape finale de validation — mais l'acteur chargé d'examiner le projet change profondément.

Enjeu politique

Ce glissement n'est pas qu'une question de technique législative. En confiant le rôle constituant au parlement actuel — issu des élections de 2023 et dominé par l'Union sacrée de la nation — la version PAJ permet au camp présidentiel de piloter le processus de l'intérieur, sans avoir à affronter l'aléa d'une constituante élue spécialement et dont la composition serait incertaine.